Le Yin et le Yang, une histoire de pôles

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Interview : Richard Federmann et Myriam Morisseau
Texte : Myriam Morisseau

 

Michel Odoul est praticien professionnel en shiatsu, psycho-énergéticien et consultant. Il a fondé l'Institut Français de Shiatsu et de Psychologie Corporelle Appliquée en 1996.

Directeur de collection chez Albin Michel, il publie ce mois-ci le second tome de Shiatsu Fondamental, La théorie : Du kampô à la MTC, de l'énergétique à la psycho – énergétique.

Son ouvrage, Dis moi où tu as mal je te dirai pourquoi, reste un best seller édité à plus 600 000 exemplaires depuis 20 ans et traduit dans de nombreuses langues. Ce livre a émergé d’une constatation, la recherche de sens de la part des patients au-delà même de la recherche d’un mieux-être purement physique.

 

Michel Odoul, nous a reçus avec Richard Fédermann à l’institut qu’il dirige rue Monge à Paris pour un entretien si riche que nous vous proposerons 3 articles… à suivre.

 

 

Michel Odoul, concrètement, qu’est-ce que le Yin, qu’est-ce que le Yang ?

Vous savez le Yin et le Yang sont à la fois des notions extrêmement complexes et simples, je vais vous les expliquer très simplement.

Les anciens chinois ont basé toutes les références fondamentales de la médecine traditionnelle chinoise sur un principe très simple, celui de se dire que la vie était sans doute bien faite ! Un principe plutôt positif. Si la vie était bien faite, on pouvait considérer qu’elle était cohérente et que l’infiniment grand était sans doute construit et fonctionnait à l’identique de l’infiniment petit. Donc, de l’observation de l’infiniment grand que je pouvais percevoir avec mes sens, j’allais pouvoir déduire le fonctionnement de l’infiniment petit que je ne pouvais pas percevoir avec mes sens. Et ça a été la base  référentielle de toute la vision de l’Orient et de la médecine traditionnelle chinoise en particulier. Les anciens chinois ont ensuite observé les êtres humains qui étaient entre deux pôles totalement inverses : un était au dessus d’eux, le ciel, et un était sous leurs pieds, la terre. Ces deux pôles avaient des caractéristiques totalement différentes, le ciel, c’est en haut, la terre, c’est en bas. Le ciel, c’est fin, c’est subtil, c’est intangible, la terre c’est sous les pieds, c’est lourd, c’est dense, c’est tangible, c’est mesurable, c’est quantifiable. Les anciens chinois en ont déduit  qu’ils rencontreraient nécessairement ces deux pôles dans l’ensemble de l’univers et dans toutes les manifestations de la vie et que ces pôles seraient en résonnance avec ces caractéristiques : un pôle dense, mesurable, quantifiable, pondérable en lien avec la terre et un pôle souple, subtil, fin, non mesurable, non quantifiable mais existant quand même et qui est en lien avec le ciel. Ils ont décidé de nommer les caractéristiques associées à ces pôles. Ils ont appelé ce qui était en lien avec des caractéristiques de type céleste Yang et ce qui était en lien avec des caractéristiques de type terrestre Yin et ils ont observé si cela était cohérent. Ils ont vu par exemple, que l’être humain, situé entre les deux pôles, possédait ces deux caractéristiques. Il avait une dimension lourde, dense, manifesté, tangible…Yin, son corps. Et une dimension souple, fine, subtile, non visible, non quantifiable mais existante quand même… son esprit, Yang. L’être humain correspondait donc à ça. Ils ont poussé un cran plus loin l’observation et ils ont constaté que lorsque la terre et le ciel étaient en équilibre et en harmonie, ça donnait le beau temps et à l’inverse,  quand la terre et le ciel était en dysharmonie, ça donnait le mauvais temps, l’orage et la tempête. Ils en ont déduit qu’un Yin et qu’un Yang en équilibre et en harmonie donnait l’état d’équilibre et d’harmonie, qui chez un être humain s’appelle la santé. Et lorsque le Yin et le Yang étaient en conflit ou en dysharmonie, cela donnait un état de déséquilibre, de dysharmonie, qui chez l’individu s’appelle la maladie.

 

A Paris, c’est couvert. Est-ce que c’est mauvais temps, ça va mal ? ça va bien ?

La notion de temps couvert, n’est pas une notion mauvaise. C’est une notion qui correspond à une des densités du Yin, le sombre, l’obscur, le profond etc. qui a sa nécessité. Le Yang ne peut exister sans le Yin, c’est d’ailleurs lorsque le Yin est à son maximum que le petit point blanc apparaît dans le têtard noir du symbole du Tao. Pour exister, le Yang a besoin que le Yin soit là, et soit puissant. A partir de ce moment-là, il peut s’en nourrir. Une fois qu’il s’en est nourri, lui aussi devient puissant. On est dans quelque chose qui n’est pas destiné à être dans l’opposition, dans la lutte ou dans le blocage mais au contraire dans la dynamique, dans la synergie et dans l’interaction. En médecine traditionnelle chinoise, lorsqu’un excès se présente dans un organe ou à niveau énergétique, on essaye, autant que possible, de ne pas s’opposer à l’excès mais au contraire de s’en servir pour aller nourrir l’inverse. C’est-à-dire qu’à toute tension d’excès il y a obligatoirement en résonance, une tension de vide quelque part. On n’est pas dans une opposition, de lutte contre, mais plutôt dans une logique de « pro-activité » absolument incroyable. D’autant plus incroyable, qu’elle fonctionne.

 

Vous voulez dire, qu’il y a le vide entre les deux, et quand il y a le vide, c’est qu’on est en équilibre ?

Oui, parce que le vide n’est pas le néant. Le vide est un espace dans lequel la vie peut s’inscrire.

 

Comment sent-on ce vide au moment de l’équilibre ? Pas de désir, pas de volonté ?

C’est au-delà de ça, c’est une sorte de ressenti de plénitude et de tranquillité mais qui nous est insupportable, tant le silence n’a plus de place dans nos vies. Or, c’est pourtant dans ces moments de silence que quelque chose peut émerger. C’est à partir de ce moment-là, lorsque l’on est tranquille, en paix, en silence avec soi, dans ces moments parfois si utiles de retraite ou de méditation que nous allons pouvoir aller à la rencontre de quelque chose au plus profond de nous-mêmes. De cet espace, il y a beaucoup à entendre et ce n’est pas toujours agréable, mais ce qui est au plus profond de nous-mêmes est un peu comme un enfant. Quand un enfant a l’impression qu’on ne l’entend pas et qu’on ne s’occupe pas assez de lui, il fait des bêtises.

 

Au moment où  je touche ce vide, je vais forcement repartir vers plus de Yin ou plus de Yang ? On ne garde pas cet équilibre ?

Bien sûr que si, mais c’est le propre même de la vie. L’équilibre parfait, c’est l’électro-encéphalogramme plat, c’est la mort, le vivant est un déséquilibre permanent. La station debout est un constant déséquilibre, si nous marchons c’est parce que nous sommes dans ce déséquilibre. La sinusoïde, la spirale de la vie, est une spirale faite de positif et de négatif et d’interaction permanente de ces champs-là. Ce sont ceux, qui justement, parce qu’ils activent la vibration, à la base même de la vie, fonts de nous des êtres vivants et des êtres de pensée.

 

Donc, dans l’amour, il y a toujours la haine, dans la guerre il y a toujours la paix. Est-ce une question d’équilibre ?

Tout dépend ce que vous nommez haine et paix. Si la haine est un sentiment qui est quelque chose qui porte le besoin de détruire, non. L’amour est un champ dans lequel justement cette dimension-là n’a pas de place mais nous sommes dans la grande question qui était celle des manichéens à l’époque des premières religions. Les religions manichéennes se posaient la question : « Si le bien existe, y a-t-il obligatoirement du mal ? » Dans l’énergétique et la vision qui est celle de la Médecine Traditionnelle Chinoise, on n’est absolument pas dans des notions de valeurs. La question que vous me posez-là est plus une question d’ordre moral qu’une question d’ordre physiologique ou énergétique.

La question de la morale organise la vie des humains dans les sociétés, et non pas les rapports dans le corps. Dans le corps, nous avons des systèmes immunitaires qui sont des tueurs, donc on tue à chaque instant à l’intérieur de nous. Mais c’est cela qui fait qu’on est vivant. C’est le jour où justement ce système-là ne fonctionne plus que ça dérape, ça s’appelle le cancer.

 

 

Pour savoir plus sur Michel Odoul: www.shiatsu-institut.fr

Ouvrages:

 

Dis-moi où tu as mal, je te dirai pourquoi - Les cris du corps sont les messages de l'âme, éléments de psychoénergétique, Michel Odoul

Albin Michel (Editions), 2002. Prix éditeur :  19,20€

DECITRE - AMAZON

 

 

 

 

 

Shiatsu fondamental - Tome 1,
Les techniques : du Shiatsu de Confort à la pratique professionnelle
, Michel Odoul

Albin Michel (Editions), 2014. Prix éditeur : 39,90€

DECITRE - AMAZON

 

 

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