Le passage des crises de cycles majeurs

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Entretien : Richard Fédermann et Myriam Morisseau
Texte : Myriam Morisseau

 

Michel Odoul est praticien professionnel en shiatsu, psycho-énergéticien et consultant. Il a fondé l'Institut Français de Shiatsu et de Psychologie Corporelle Appliquée en 1996.

Directeur de collection chez Albin Michel, il publie ce mois-ci le second tome de Shiatsu Fondamental, La théorie : Du kampô à la MTC, de l'énergétique à la psycho – énergétique.

Son ouvrage, Dis moi où tu as mal je te dirai pourquoi, reste un best seller édité à plus 600 000 exemplaires depuis 20 ans et traduit dans de nombreuses langues. Ce livre a émergé d’une constatation, la recherche de sens de la part des patients au-delà même de la recherche d’un mieux-être purement physique.

Michel Odoul, nous a reçus à l’institut qu’il dirige rue Monge à Paris pour un entretien si riche que nous en avons tiré 3 articles… celui-ci est le dernier.

 

 

Michel Odoul, dans les crises de cycles majeurs, comment chacun peut-il apprendre à se préparer pour chaque transition, pour sa transition ?

Dans un de mes ouvrages Dis-moi quand tu as mal, il y a tout un chapitre consacré au passage de cycle que j’appelle, le principe de la métamorphose, à l’image du principe de la mue chez les insectes. Les êtres humains ont, à des moments donnés, besoin de déchirer une vieille carapace parce qu’ils y sont à l’étroit. Ils y sont en souffrance et doivent en construire une nouvelle qui soit un peu plus vaste et grande, dans laquelle ils se sentiront mieux. Déchirer la première carapace est une vraie souffrance, à la fois dans la réalité dynamique et physique mais aussi dans la peur que cela génère. Parce qu’il faut quitter du sûr, du « sécure » et du solide pour aller vers de l’inconnu. Construire la nouvelle carapace demande du travail et du temps et il y a toute une phase entre les deux où on est sans rien et sans protection, donc extrêmement fragile. J’ai l’habitude de dire que c’est dans cet état-là que le patient se situe quand il est en face du praticien, dans une phase de mue personnelle. Cette phase de mue conduit l’être dans  « la transgression positive », c’est-à-dire dans une capacité à dépasser ses propres limites pour construire quelque chose de nouveau. Nous sommes en permanence des êtres en devenir et la « manière la moins inconfortable » de traverser ces phases-là, insécurisantes et inconfortables, est de prendre le risque de vivre. Comprendre que la vie est un risque à prendre, accepter d’avoir peur parce qu’il y a une confiance fondamentale à avoir dans la vie et dans ce qu’elle nous propose. On est dans un processus dans lequel on ne sait pas ce qu’il va y avoir derrière la porte, on ne sait pas ce qui va émerger de nouveau pour soi. Mais il doit y avoir une certitude au plus profond de soi, c’est que « c’est sans doute plus fort que nous et il faut qu’on y aille ». Ce chemin-là n’est pas un chemin simple, puisque c’est toujours un chemin de solitude. Dans ces phases d’évolution et de progression, malheureusement souvent, ceux qui sont autour de nous ont du mal à nous suivre et à nous comprendre. Ce sont des traversées du désert qui, si on arrive à les dépasser, sont constitutives d’un être nouveau, doté d’une stature et d’une vision un peu plus grande de sa vie. Je crois que c’est la source même de l’équilibre mais c’est une exigence et un travail, à l’identique de ce qu’on comprend pour le corps. Aller faire du sport et suer à outrance, avoir chaud et des courbatures, c’est inconfortable, mais c’est ce qui nous permet d’avoir un corps dans lequel on bouge librement. Sur le plan psychique, il y a la même chose, il a les mêmes structures à reconstituer, à renouveler, il y a de la gymnastique intérieure à faire et elle est aussi fondamentalement nécessaire.

 

Vous parliez de cycles de 7 ans, de 14 ans, 21 ans. Il y a des personnes qui ont des cycles par an avec des dates précises. Que voyez vous dans ces cycles, sont-ils des dates anniversaire, sont-ils des serments ? Vous avez créé un tempogramme.

Oui, c’est ça. Il faut savoir que ces cycles ne sont pas des choses extérieures à nous et qui s’imposent à nous. L’être humain est constitué autour de rythmes. Ce sont les rythmes des fréquences vibratoires, des fréquences cellulaires, des fréquences électro magnétiques du corps etc. Ces rythmes et ces fréquences sont définis et déterminés par les fréquences cosmiques, le jour, la nuit et le cycle des années, le soleil, les grands cycles planétaires etc. Ces cycles agissent sur le corps, nous avons d’ailleurs des cycles de renouvellement cellulaire. Ils agissent aussi sur le psychisme et ce qu’on a tendance un petit peu à oublier, c’est que nous avons des textes fondateurs qui nous expliquent cela, ce sont les grands mythes de toutes les traditions. Nous connaissons  les mythologies gréco-romaines qui illustrent à travers des images symboliques des figures représentatives, mythologiques que sont les grands dieux des mythologies, en fait, les grands cycles. Il y a des cycles de réalisation de l’être, nous savons que dans toutes les cultures et dans les sociétés traditionnelles, l’âge de 7 ans est l’âge de raison, c’est le moment des passages initiatiques. Les jeunes sont envoyés seuls dans la savane pour affronter la peur etc. Nous passons aussi par des phases de construction du psychique à l’identique des constructions du corps. Lorsque nous sommes confrontés à des moments tensionnels, lors de passage d’un cycle à un autre, 12 ans, 24 ans, 36 ans etc., c’est que nous avons du mal à accepter le « contrat » qui se passe à ce moment-là. Ce contrat est par exemple, 21 ans, la majorité, 42 ans celui de la maturité et de l’état adulte, 63 ans celui du passage à la retraite, 84 ans, la phase de fin de vie. Ces phases correspondent à un cycle particulier, le cycle d’Uranus, qui est un cycle dans lequel les êtres humains se construisent mais nous pouvons avoir du mal à accueillir le « contrat » lié à ce moment-là, comme devenir quelqu’un de majeur, la majorité donnant des droits mais aussi des devoirs. Malheureusement nous sommes dans des phases de vie et dans des sociétés dans lesquelles nous pensons plus aux droits qu’aux devoirs et nous avons du mal à payer le prix, c’est une attitude infantile. Si nous avons du mal à passer ce seuil, cela va générer de la tension dans notre rapport au monde et à la vie. 42 ans, c’est le moment du bilan, nous sommes au milieu de cette phase de la construction de vie uranienne où se posent les questions : « Qu’ai-je fait de ma vie, où en suis-je, où vais-je ? » Beaucoup de gens à ce moment-là peuvent « péter un plomb », peuvent faire un infarctus, avoir un certain nombre de pathologies ou de difficultés, voire rompre un couple, s’emballer pour un jupon qui passe etc. Ces moments sont des « véritables clashes de vie » parce que le constat de ce qu’on a fait jusque là, de nos 42 premières années de vie est tensionnel. Puis, arrive l’âge de 63 ans, le moment où l’on va tirer les fruits de ce que l’on a fait, sorte de bilan qui signe l’arrivée de la retraite. Malheureusement, un certains nombre d’individus déclenchent des pathologies graves comme Alzheimer, des infarctus définitifs, meurent. Ces cycles de vie viennent en résonnance avec ce que nous sommes et la manière dont nous avons accepté ces échéances. Tout se passe un peu comme à l’école où il y a les examens, le BEPC, le BAC etc. dont le résultat n’est que la conséquence de la manière dont nous avons étudié avant.

 

Donc, si je tombe malade, c’est que je n’ai pas passé mon examen correctement ?

Ce n’est pas obligatoirement ça. C’est peut-être la signature qu’il y a un peu de travail à faire. Qu’il y a sans doute des dimensions dans lesquelles des choses, volontairement ou non, consciemment ou non, ont été occultées parce qu’elles étaient inconfortables et qu’on n’avait pas envie de faire l’effort de s’en occuper. Il est évident qu’il y a une interpellation à ce moment-là. Cette interpellation est – là aussi, sans notion de bien ou de mal – impérieuse, et plus l’impact du signal est fort, plus cette interpellation est impérieuse.

Pour conclure, j’ai surtout envie de dire que ce qui serait vraiment formidable, c’est que ça parle à un certain nombre de vos lecteurs et que ça leur donne l’envie simplement de laisser un peu de place à la vie en eux. De comprendre que la vie est un risque à prendre, qu’elle est quelque chose de merveilleux et qu’il ne faut pas s’opposer à sa libre circulation en nous (même si parfois elle nous oblige à changer d’opinion et à apporter un autre regard sur elle), ce n’est que dans ces moments-là qu’elle devient confortable.

 

C’est quoi, laisser passer la vie ? Est-ce s’arrêter pour voir un coucher de soleil ?

Ça peut être ça, les orientaux disent : « La vie est comme une poignée de sable. Si on l’a dans la main et que quelques grains s’envolent à cause du vent qui souffle. Et, que par peur de la perdre, on serre la main pour la garder, c’est à ce moment-là qu’on la perd ». Ce qui signifie : soyons capables d’accepter qu’un certain nombre de phénomènes nous dépassent, se jouent et se situent en dehors de nous. Accueillir ce qui émerge et ce qui vient, non pas de façon passive mais pour en faire quelque chose, à l’image de quelqu’un pris dans un courant. Le courant d’une rivière ou d’un fleuve qu’on peut considérer comme étant le courant de la vie, est parfois fort, essayer de s’opposer à lui, c’est s’épuiser en vain, comprendre dans quel sens il va, c’est se permettre d’éviter les rochers qui se présentent. De toutes façons, il y aura des phases de calme pendant lesquelles on pourra vraiment profiter du paysage, on pourra se reposer et accueillir en nous un peu de tranquillité et de bonheur. 

 

 

Pour savoir plus sur Michel Odoul: www.shiatsu-institut.fr

Ouvrages:

 

Dis-moi où tu as mal, je te dirai pourquoi - Les cris du corps sont les messages de l'âme, éléments de psychoénergétique, Michel Odoul

Albin Michel (Editions), 2002. Prix éditeur :  19,20€

DECITRE - FNAC

 

 

 

 

 

Shiatsu fondamental - Tome 1,
Les techniques : du Shiatsu de Confort à la pratique professionnelle
, Michel Odoul

Albin Michel (Editions), 2014. Prix éditeur : 39,90€

DECITRE - FNAC

 

 

 
Shiatsu fondamental - Tome 2,
La théorie : du kampô à la MTC, de l'énergétique à la psycho-énergétique,
Michel Odoul

Albin Michel (Editions), A paraître le : 18/02/2015. Prix éditeur : 39,90€

DECITRE - FNAC

 

 

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