Les 5 mythes de l’auto-compassion

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La plupart des gens n’ont aucun problème à considérer que la compassion est une grande qualité. Mais il plus difficile pour nombre d’entre nous d’avoir autant de certitudes à propos de l’auto-compassion. Nous semblons toujours croire que si nous ne nous faisons pas de reproches et ne nous punissons pas pour quelque chose, nous courons le risque de sombrer dans la complaisance, l’égoïsme et le péché d’orgueil mal placé !

Souvent la pratique de l’auto-compassion est assimilée à celle de la Pleine Conscience (ou Mindfullness), qui s’est répandu en Occident comme les sushis ! Mais alors que la Mindfullness - qui prône l’accueil de nos propres souffrances tout en évitant de s’y engluer et de se faire embarquer dans des réactions de rejet - est nécessaire pour l’auto-compassion, elle laisse de côté un ingrédient essentiel. L’auto-compassion va plus loin que le seul fait d’accepter l’expérience telle quelle et y ajoute la notion « d’embrasser » l’expérimentateur (c’est-à-dire nous-même)  avec chaleur et tendresse quand ladite expérience est douloureuse.

L’auto-compassion inclut aussi la reconnaissance de sa propre humanité. Ce qui signifie d’accepter d’être comme tout le monde sur cette terre : un être imparfait et susceptible d’être atteint par les aléas de la vie. Cela parait évident et pourtant c’est drôle comme nous l’oublions facilement. Nous tombons dans le piège de croire que les choses sont supposées  aller bien et que quand nous faisons une erreur ou qu’une difficulté arrive, c’est que quelque chose a très mal tourné. Cela nous fait sentir honteux et isolés. Dans ces moments là, se souvenir que nous ne sommes pas seuls dans notre souffrance et que difficultés et luttes font partie de la condition humaine,  peut faire une différence radicale.

En fait,  il existe une foisonnante série de recherches scientifiques qui démontrent que des manières amicales envers nous-même sont essentielles pour le bien-être émotionnel. Ces recherches ont aussi démontré la non-validité de la plupart des mythes qui court autour de l’auto-compassion. En voici 5 d’entre eux.

1. L’auto compassion est une forme de pitié envers soi-même : C’est l’un des plus grands mythes sur l’auto-compassion. Une étude conduite par Filip Raes de l’Université de Leuven en Belgique a étudié l’association de l’auto-compassion avec les pensées ruminatives et la santé mentale d’étudiants de son université. Il s’est rendu compte que les participants qui avaient le plus d’auto-compassion tendaient à moins se lamenter sur leur mauvaise fortune. Et comme ils avaient tendance à moins ruminer, ils faisaient état de moins de symptômes d’anxiété et de dépression et ils étaient donc en meilleure santé mentale.

2. L’auto-compassion est équivalente à de la faiblesse : David Sbarra et ses collègues de l’université d’Arizona ont étudié l’impact de l’auto-compassion sur les conséquences d’un divorce. Les recherches ont invité 100 personnes récemment séparées de leurs conjoints à venir raconter les pensées et sentiments qui ont accompagné leur expériences de séparation. Quatre juges notaient leur façon de rendre compte de cette expérience en donnant  les scores les plus bas à ceux qui disaient des choses comme « Je ne sais pas comment j’ai réussi à surmonter cela. Tout est de ma faute. Je l’ai poussé à bout pour certaines raisons. J’avais tellement besoin de lui. J’ai toujours besoin de lui. Qu’ai je fait ? Je sais que tout est allé de travers ». Les meilleurs scores ont été attribués à ceux qui disaient : « En regardant en arrière, on doit prendre le meilleur et aller de l’avant. Etre capable de se pardonner et de pardonner à l’autre ». Les chercheurs ont mis en évidence que ceux qui obtenaient les meilleurs scores démontraient de meilleures facultés psychologiques pour gérer leur divorce et que cette aptitude était toujours notable 9 mois après.

3. L’auto-compassion rend satisfait de soi-même (et donc paresseux). Peut être l’idée reçue la plus commune sur l’auto-compassion consiste  à penser qu’elle risque de diminuer notre motivation à faire de notre mieux pour réussir dans la vie. La croyance est que si que si l’on ne se critique pas soi même, notamment sur le fait de ne pas être à la hauteur de ses ambitions, on risque de succomber à la paresse. Mais là également,  les études montrent que l’auto-compassion est beaucoup plus efficace pour augmenter la motivation personnelle que la critique. Comme celle deJuliana Breines et Serena Chen de l’Université de Californie à Berkeley effectuée sur des étudiants auxquels était demandé de se souvenir d’un acte ou d’une parole blessante qu’ils avaient pu avoir. Puis séparés en trois groupes, on leur  a demandé d’écrire soit des paroles d’auto-compassion, soit de décrire leurs qualités principales soit de décrire leur activité préférée.  Les chercheuses se sont rendues compte que le groupe qui avait travaillé sur l’auto-compassion démontrait ensuite une plus grande aptitude à demander pardon et à s’engager à ne plus blesser autrui que ceux qui avaient travaillé sur la pensée positive et la bonne humeur.     

4. L’auto-compassion est du narcissisme. L’accent mis sur le développement d’une forte estime de soi dans la société américaine a conduit à une tendance inquiétante relevée par des chercheurs des Universités de San Diego et de Géorgie. Ils ont constaté une forte augmentation du narcissisme chez les étudiants américains depuis 1987. Mais l’auto-compassion est différente. Elle ne porte aucun jugement positif ou négatif à la différence de l’estime de soi.  L’estime de soi est plus fragile car elle dépend aussi de nos succès et de nos échecs alors que l’auto-compassion demande juste de comprendre que nous partageons tous la condition de l’être humain imparfait.   

5. L’auto-compassion conduit à l’égoïsme. Malheureusement, l’idéal de quelqu’un de modeste, qui prend soin des autres va souvent avec l’idée que l’on doit s’oublier et mal se traiter. Cela est particulièrement vrai pour les femmes  qui ont tendance à avoir moins d’auto-compassion que les hommes. Mais être bon avec soi conduit au contraire à être meilleure avec les autres comme le révèle une étude conduite par l’auteure de cet article pour l’Université du Texas.  Y a participé une centaine de couples engagés depuis un an ou plus. Le résultat a montré que non seulement les personnes pratiquant l’auto-compassion étaient plus appréciées par leur conjoint mais aussi que la relation était plus satisfaisante et stable.

La science prouve aujourd’hui ce que les thérapeutes partagent depuis longtemps avec leurs patient : être doux avec soi même est loin d’être un luxe égoïste mais bien un exercice qui peut nous rendre plus heureux dans la vie.

 

Kristin Neff, Professeure à  l’Université du Texas
Auteur de « Self-Compassion: The Proven Power of Being Kind to Yourself »

 Texte librement adapté et traduit par Sophie de Malglaive
Pour retrouver le texte en anglais et complet cliquer ici.

 

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