Interview : Go dancing !!

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J’ai rendez-vous avec Matthieu Mares pour la seconde fois ! Je suis ravie d’être en sa compagnie, j’ai rarement rencontré une personne qui affiche un tel calme intérieur sans ostentation.
Ici, dans son cabinet règne un certain attachement aux choses simples, essentielles et profondes.

Comme moi, vous comprendrez rapidement que le leitmotiv de Matthieu Mares, praticien diplômé en danse-thérapie et en psychothérapie analytique, c’est l’accueil et dans ses différentes formes.

 

Matthieu vous venez du domaine de la danse, quelle a été votre approche du métier de thérapeute ?

Matthieu – Elle s’est faite assez naturellement je dois dire. Quand j’étais adolescent, dans un atelier de danse classique, participait une jeune fille avec des troubles autistiques qui avait un vrai désir de danser. Je la voyais très en rythme, souvent plus que moi dans ce cours qui n’était pas « adapté ». A l’époque je me voyais m’orienter vers la pédagogie et là, l’idée qui m’est venue était : « Plus tard, lorsque je serais prof, j’inventerai une méthode d’accès à la danse pour les personnes en situation de handicap ». J’ai découvert ensuite que la danse-thérapie existait. C’est ainsi que, à la suite de mes études de danse contemporaine, je me suis formé parallèlement à la danse-thérapie. J’ai abandonné ma carrière de danseur pour me consacrer entièrement à cette discipline qui est très « remuante » émotionnellement. Je me suis donc également formé à accueillir ce qui en émanait avec un cursus universitaire européen en sciences psychothérapeutiques (SFU-Paris).

 

Vous aborder votre métier de deux façons très distinctes : la partie thérapie analytique en cabinet et la partie découverte de soi à travers le mouvement au studio de danse. Quels sont les ponts entre ces deux disciplines ?

Matthieu- En pratiquant ces deux disciplines, je trouve un équilibre et finalement je ne m’arrête jamais d’être en mouvement. Que ce soit en mouvement avec le corps pendant la danse-thérapie ou en mouvement avec l’esprit par la psychothérapie, pour moi c’est la même chose et c’est ce que je cherche justement à partager avec les personnes ; comment remettre du mouvement en soi !

                      

Par ailleurs, je constate, avec les personnes suivies en danse-thérapie et en même temps en accompagnement individuel, une très nette évolution. On voit comment que ce qui se libère en cabinet, en face à face en thérapie analytique, a un impact sur le mouvement. Et inversement, comment, pendant l’atelier de danse-thérapie, la prise de conscience par le mouvement influe sur la pensée dans un second temps.

 

Les barrages corporels levés, s’expriment-ils dans une nouvelle souplesse de l’esprit ?

Matthieu – C’est toujours l’horizon recherché ! Et c’est tout le bien que je souhaite aux personnes qui viennent jusqu’à moi, puisque dans mon parcours personnel, c’est cette prise de conscience qui m’a le plus aidé.
Il existe différents chemins, tout n’a pas besoin d’être nommé ou symbolisé. Parfois, le fait d’avoir vécu l’expérience par le mouvement va permettre de laisser les choses décanter et la pensée va suivre naturellement. Dans d’autres cas, il y a un besoin de s’arrêter, de se remémorer ce que l’on vient de vivre, de le comprendre, de mettre des mots, de laisser émerger les mots et les symboles. Voilà une façon d’arriver à la prise de conscience.
C’est pour cela, qu’à chaque fin d’atelier, il y a un temps de parole et d’échange où chacun prend le temps d’exprimer ce qui lui vient, ce qu’il a envie de partager de lui et de son expérience. Quand il y a des blocages ou des incompréhensions, je me permets d’intervenir et de partager une hypothèse de sens.

 

Vous pratiquez également durant vos ateliers, une forme de méditation. Comment amenez-vous ce temps dans la pratique ?

Matthieu – Ca a commencé alors que je percevais que les gens ne dansaient pas leur propre mouvement, leur propre danse intérieure. Ils étaient davantage dans une danse où on copie ce que l’on voit, sans se mettre en mouvement à partir de soi. Un jour j’ai commencé par animer une relaxation, et depuis, il y a pratiquement 5 ans, ça ne s’est jamais arrêté. C’est donc avec l’idée d’aller toucher son mouvement intérieur, que tous les ateliers commencent par une relaxation en mouvement dont la dénomination change selon les thèmes abordés et les effets recherchés.
Ce peut être une relaxation inspirée :

  • d’un mouvement anatomique,
  • d’un mouvement physiologique,
  • d’un mouvement émotionnel,
  • d’un mouvement de pensée,
  • d’un mouvement d’imagination…

A partir de là, on s‘éveille au mouvement, on l’amène à la surface, dans l’espace et dans l’échange avec le groupe. Le terme que je trouve plus juste pour évoquer ce temps, c’est le mot recueillement. On se recueille sur soi-même sans perdre pour autant de sa capacité de réceptivité. On est avec soi, avec le moment présent, avec le groupe et, en partant de cela, avec le monde.  C’est au sein de ce temps passerelle – ni tout à fait dedans, ni tout à fait dehors – de cet espace de discernement et des possibles, qu’on arrive à toucher quelque chose de nous-mêmes. Et c’est à partir de là, qu’on se met naturellement en mouvement. Je constate très bien depuis ce protocole que le mouvement des participants, leur danse est vraiment intime et singulière.

 

Comment choisissez-vous vos thèmes d’explorations ?

Matthieu – C’est important de lier les séances qui s’enchainent de façon hebdomadaire ou bimensuelle. Au départ, il y a toujours un court temps de parole au cours duquel je pose la question : « Voilà : avec quoi venez-vous aujourd’hui ? Qu’est-ce qui vous reste de la séance dernière ? ». Et ça me permet là déjà de pouvoir discerner si les personnes ont fait le lien, si d’autres choses ont évolué et comment. Dans les ateliers hebdomadaires, ce sont les membres du groupe qui amènent les thèmes, moi, je viens les mains dans les poches : c’est pendant ce temps de prise de contact que le thème émerge, soit en continuité de la séance précédente, soit en opposition, parce qu’il y a besoin d’aller explorer autre chose, d’aller visiter les contraires.

 

Avez-vous un exercice pour nos lecteurs, quelque chose qui facilite le mouvement et qui soit facilement réalisable ?

Matthieu – Oui, j’ai une proposition d’exercice qui peut être partagée, expérimentée, qui est proche de la méditation. Puisque la méditation par définition n’est pas répétitive, l’exercice n’est jamais deux fois le même et peut se faire indéfiniment. Seules ou en groupe, j’invite les personnes qui vont lire cet interview à aller découvrir leur essence du mouvement, à aller à la rencontre de leur mouvement intérieur, de leur petite danse en devenir. Se mettre en condition, ça peut se faire par terre, au sol, dans leur lit… se mettre dans un espace dans lequel on se sent bien, détendu. Et se recueillir sur soi, fermer les yeux, respirer… accueillir les images, les pensées, les sensations, tous ce qui émerge de soi et tout ce qu’on perçoit du monde extérieur : les bruits, l’espace, la température de l’air… A partir de là, spontanément, se laisser aller au mouvement qui vient, aussi petit soit-il, même si c’est le mouvement d’un doigt, d’un orteil, simplement de la tête qui roule, d’une épaule, d’une articulation. Se laisser aller à ce mouvement et le suivre, se faire confiance… le suivre… Puis le laisser évoluer dans l’espace, sans jugement, sans chercher à faire quoi que ce soit. Simplement accompagner ce qui se présente à nous par le mouvement.

 

Matthieu, vous avez un livre à nous proposer, un livre qui vous accompagne dans votre vie de tout les jours ou qui vous a marqué ?

Matthieu – Oui, il y en a beaucoup, mais celui qui m’a profondément marqué et qui a teinté la vision de mon métier de thérapeute, c’est le livre du docteur Jean-Pierre Muyard, Pourquoi tombons-nous malades ? C’est un livre qui traite du lien entre le corps,  l’esprit, l’âme et les courants actuels de la médecine, de la psychosomatique. Comment étaient perçues les maladies dans l’Antiquité ? Que nous a permis la révolution médicinale du XXème siècle ? Tout au long du livre, c’est ce lien entre hier et aujourd’hui, qui nous amène à comprendre et à amorcer l’avenir. Dans le domaine médical, on voit bien qu’il a une impasse aujourd’hui et on a besoin de revenir aux fondamentaux des civilisations antérieures plus spirituelles et davantage orientées vers l’unité de la personne. Cet ouvrage continue chaque jour de m’inspirer.

 

Myriam Morisseau

Matthieu Mares sur Rezozen
Son site

 

Pourquoi tombons-nous malade - Jean-Pierre MUYARD
Editions Fayard - 2009
Prix éditeur - 20,30 €

 FNAC Decitre

 

 

 

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